Martin, Aline, et Rachel reviennent sur leurs coups de cœur culturels du moment. Le fil rouge de cette émission, inspiré par l’actualité, c’est le vote et l’élection.
Board Game Campus au Chalet
6 au 12 juillet 2026
13 au 19 juillet 2026
Jeu de société :
C’est le conseil de Rachel.

Le Dilemme du Roi est un jeu de société créé par Lorenzo Silva et Hjalmar Hach, publié par Horrible Guild et localisé chez nous par Iello. Vous y incarnez les grandes maisons du royaume d’Anclisse, réunies en conseil pour assister le souverain dans la gestion des affaires du royaume.
Le principe du jeu repose sur une succession de dilemmes politiques et moraux. À chaque tour, une carte expose une situation : crise économique, tensions diplomatiques, mouvements populaires, scandales religieux ou décisions militaires. Les membres du conseil doivent alors débattre et choisir collectivement quelle orientation donner au royaume.

La mécanique centrale est celle du vote. Après discussion, chaque joueur peut soutenir ou s’opposer à la décision proposée, en engageant de l’influence pour peser sur l’issue du scrutin. Derrière ce système simple se cache toute la richesse du jeu : négociations, promesses, alliances temporaires et parfois manipulations. Les décisions prises façonnent durablement l’histoire du royaume.
Ce fonctionnement reproduit à petite échelle les logiques d’une assemblée politique : chaque vote est à la fois un choix pour le bien commun et une opportunité de défendre ses propres intérêts.
Les joueurs se retrouvent ainsi dans la position de décideurs confrontés à des arbitrages difficiles, où la solution la plus vertueuse n’est pas toujours la plus avantageuse pour leur faction.
Là où les films et les séries donnent à voir les coulisses du pouvoir, ce jeu invite les participants à les expérimenter directement, en transformant chaque dilemme en débat parlementaire miniature.



Junta est un jeu conçu en 1979 où les joueurs incarnent les membres d’une oligarchie familiale dirigeant la république fictive de Las Bananas, caricature assumée des « républiques bananières » d’Amérique latine.
Le jeu met en scène un régime autoritaire où le pouvoir se concentre autour du Président chargé de répartir l’aide financière internationale reçue par le pays. Cette manne budgétaire devient immédiatement l’objet de toutes les convoitises : ministres, généraux et chefs de police tentent d’obtenir la plus grande part possible, tandis que chacun cherche discrètement à mettre de l’argent de côté sur un compte en banque suisse.
La mécanique centrale repose sur le vote du budget national. À chaque tour, le Président propose une répartition de l’argent entre les différents membres du gouvernement. Les joueurs doivent alors voter pour accepter ou rejeter ce budget. Mais derrière cette procédure apparemment institutionnelle se joue un théâtre politique bien plus chaotique : menaces, corruption, promesses de postes ou trahisons peuvent faire basculer le scrutin.
Si le budget est rejeté, c’est le coup d’État. Les factions armées s’affrontent alors dans la capitale pour renverser le pouvoir en place et redistribuer les cartes.
Junta transforme la politique en farce où les institutions servent surtout de façade à la lutte pour l’enrichissement personnel.



Série :
C’est le conseil de Rachel.

Borgen est une série politique danoise, elle suit l’ascension de Birgitte Nyborg, une dirigeante centriste qui devient la première femme Première ministre du Danemark.
Le titre fait référence au surnom donné au Christiansborg Palace à Copenhague qui abrite le Parlement, le bureau du Premier ministre et la Cour suprême danoise. Dans la série, ce lieu symbolise le cœur du pouvoir politique et des négociations qui s’y jouent.

La série s’attache à montrer les mécanismes concrets du pouvoir dans une démocratie parlementaire : coalitions fragiles, compromis permanents, stratégies médiatiques et arbitrages moraux. Au fil des épisodes, Birgitte Nyborg doit concilier ses convictions politiques avec les contraintes du pouvoir, les pressions de son parti et l’attention constante des médias.
Avec une grande finesse psychologique, Borgen explore autant les jeux d’alliances et les coulisses des décisions publiques que l’impact de la politique sur la vie privée de celles et ceux qui la pratiquent. Cette série se distingue par une approche moins cynique et moins spectaculaire que ses pendants américains, centrée sur la négociation, l’éthique et le fonctionnement d’une démocratie parlementaire.
Pour moi, Borgen constitue un exemple emblématique de fiction qui rend intelligible la mécanique du pouvoir tout en humanisant celles et ceux qui l’exercent.
Le Petit Maire, de Laurent Turpin et Olivier Berlion Éditions Les Arènes BD 22 €
Laurent Turpin est maire d’un village de 420 habitants dans le Nord de la France. Il n’a pas d’administration suffisante pour l’épauler, pas d’agent technique, pas de responsable de la voirie : juste une secrétaire et un cantonnier à temps partiel. Pour gérer les affaires courantes, il est souvent seul. Le Petit Maire est la chronique de six années de mandat municipal, qui débutent par l’élection de 2020. À travers les affres et les joies du quotidien d’un petit maire, cette BD-reportage explore la vie d’une démocratie locale.


Puisqu’on parle d’élections municipales, c’est l’occasion de revenir sur un trope littéraire, qui envahit aussi les séries et les films et qui met à l’honneur les petites villes. Qu’elle nous plaise et nous intéresse ou pas, c’est une tendance forte (de même que les Cosy Mystery), et c’est intéressant de voir de quoi il retourne.
C’est la tendance Small Town. Alors, pourquoi c’est intéressant ? Parce que c’est un nom de catégorisation thématique, qui est devenu une tendance, qui est devenu une forme littéraire.

Et c’est thématiquement (et politiquement?) l’inverse du trope de l’arrivée d’un jeune ou d’une jeune première dans une grande ville, prêt(e) à en découdre, et à en gravir les échelons sociaux. (Rastignac certes, mais aussi Ally Mac Beal, Carrie Bradshow arrivant pleins d’idéaux et d’ambition dans la grande ville)
Il s’agit, dans un récit Small Town, de suivre l’arrivée dans une petite ville, perdue et charmante, d’une (pas si) jeune femme, perdue et charmante, et de la révélation qu’elle va vivre, au sein de cette nouvelle petite et charmante communauté. Elle va, dans l’ordre ou le désordre, tomber amoureuse, décider de rester là pour toujours, participer aux réunions municipales, apprendre à connaître ses voisins et décider de renoncer à ses ambitions pour choisir une vie plus simple et plus ancrée, mais aussi plus traditionnelle (de l’ordre du c’était mieux avant ?) Au passage elle apprendre l’entraide entre voisins, elle sauvera un commerce en déperdition, elle s’impliquera dans la vie politique locale. Une vraie expérience Small Town. D’autant que l’on va suivre plusieurs des personnages importants de la ville, en même temps que l‘on suivra l’héroïne.
Et pourquoi ça plaît? Parce que c’est réconfortant, sans surprise, chaleureux, plein de bons sentiments, et parce que ça parle de résilience et de nouveau départ.

























